28.04.2008

et demain sera bleu...

L’espérance a goût de cèdre

Tabernacle de ta parole inachevée.

Tu m’as donné l’amer des hommes

Et je me suis noyée.

Cube d’ébène sur ma langue,

Serre encore un peu plus mes chaînes

Que je ne m’envole pas.

L’espérance imaginée

File mon âme au gré des lames.

Et demain sera bleu...

22.04.2008

le mendiant.

Il s’acharnait à tout va,

Creusant rouge à tour de bras,

Puisqu’enfin il possédait.

Ombre de ce qu’il voulait.

Ombre de ce qu’il faisait.

 

Ombre s’est envolée !

 

Contraints par ses cris

De bête aux abois,

Les hommes de loi,

Les femmes de foi,

N’ont pas capté

Le seul regret attaché

A ses yeux hallucinés :

N’avoir fait perdurer

Battoir en ses mains,

Butoir à sa colère.

 

Pitié de l’humanité !

 

Dans sa main tendue,

Pitoyable et affamée,

J’ai craché l’obole.

Et un regard de feu,

A lavé nos âmes.

20.03.2008

petite madame

Petite madame, j’ai vu, tu sais,

La dentelle de peau à ton poignet.

J’ai vu le cœur-bobo

Lestant ton épaule nue.

J’ai vu tes doigts perlés,

Rouge-sang écaillés…

Ecaillés comme ton âme

Posée au coin de mon bureau.

Et toi, petite madame, as-tu reçu

Le feu caresse de mes yeux

Sur tes plaintes trop délavées ?

Dis, as-tu senti ta colère cloîtrée

Frissonner, bondir et ricocher

Et me sourdre en cris creux ?

Non, petite madame, non !

Plus de sœurs, de foutre souillées !

Plus de terreur murmurée !

Te faire hurler, je le veux !

Ils t’entendront bien ces malotrus,

Ces  vauriens, ces moins que rien !

Ils t’entendront bien, ces chiens,

Si à ta voix j’ajoute l’oriflamme

De ma colère fanée au confort de mes jeux!

Et ouvrir les écluses et griffer l’eau

De toutes les armes en sursis

Au fond des cœurs meurtris…

Je suis pour la libre circulation

Des biens et des idées…

Et de l’Amour aussi, bécali !

sipek pardon ek kamaléon

Je l’ai croisée sur le bord du chemin. Elle regardait, souriant, les autres, gloussant, se trémoussant, chamarrés, affolés d’arriver premiers.

Ombre verte fondue dans l’herbe, postée en sentinelle. Ses longs membres fins dépliés droit devant, invite offerte à la beauté.

-   Petite sauterelle, âme chipèque, si la beauté est but ultime, dis moi donc, quel est son nom ?

-   Petite tête camaléon! ce ne sont pas les autres que je porte à mes yeux ! Je souris de leurs ombres qui viennent danser sur ma peau et me font robe de beauté !  Et toi, passe donc ton chemin, tu lui fais tache à rester là immobile !

 

Sipek pardon, la kas zasièt en mil morso,

Kas mon koko, pou bwar do lo.

Mwin la kos koté d’li

Mwin la gob son vi!

Astér sé mwin ki véy si bor somin

Mon dé pat kroisé sou mwin !

Astér mi vey, m’enfou pas mal,

Tout bann valal tran giny la gal

Si tantelman zot lang i pandiy

Dépi gran matin !

04.03.2008

nuages

Et la  montagne bleue oublie d’être belle pour se mirer en son ombre.

Nuages a rosi ses cheveux…

Si j’apprécie, parfois je le dis, parfois juste je souris.

Regarde donc dans mes yeux si je t’aime et laisse les couleurs café-crème.

29.01.2008

chut!

Un amour m’est poussé.

Tout chaud, tout mordoré.

Fallait bien le donner !

Je l’ai déposé à son oreille,

Comme un petit enfant

A la porte d’un couvent.

Et je suis partie…

Faut  pas déranger sa vie !

Chut ! que le vent m’accueille !

J’ai à danser maintenant !

.__.__.__.__.__.__.__.__.__.__.__.__.

 

Palefrenier de l’extrême,

Colle mors aux dents de la sirène

Et trempe en misouk

Son cri dans l’océan,

L’égoutte et le brique

Et l’exhibe en brillants…

26.01.2008

écho dix.

Les yeux volent les mots

Sans la sève, sans le sang.

Suspendues en plein ciel

Papangues ou tourterelles,

Dix ailes virevoltant.

L’esprit fait travail d’estomac.

Cherche le signe,

Cherche la ronde,

Cherche le cordeau,

A se nourrir vraiment.

Les oreilles attrapent l’onde

Et c’est le cœur qui bat.

La peau touche la peau

Et c’est la vie qui va... qui vaut.

24.01.2008

la beauté du geste

Fugace inscription

Vol de papillon.

Alors, reste la beauté du geste.

Celle qui justifie tout.

Et si ma gorge est amère,  laisse !

C’est que j’en cultive le goût.

Traces de fiel ?

Légère insouciance...

Juste une cadence !

Que mon esprit les goûte en miel !

Mon cœur,  lui…

A quoi il sert, dis ?

20.01.2008

il pleut

Quand j’étais petite, je croyais que les anges faisaient pipi sur ma tête. Alors, fallait être gentille, très gentille à toujours dire ‘oui’, raide comme  un i  pour contenir mon âme échevelée. C’est parce que je n’aimais que la poussière sèche qui poudre les orteils.

Aux premières gouttes, je m’encoquillais comme escargot aux antennes brusquées et je me réveillais comme sauterelle à l’arc-en-ciel. Et quand il y avait cyclone, c’était le Bon Dieu qui se libérait.

Aujourd’hui, je commence à aimer la pluie. Bécali, je vieillis !

Mais j’ai toujours peur des cyclones...

 

p.s. :Juste pour dire, comme on joue à la marelle en attendant le ciel.

15.01.2008

j'ai perdu mon temps.

Il m’énervait,

Me suffoquait,

M’enchaînait.

J'ai perdu mon temps!

Pas dans la forêt,

Où on le cueille doucement.

Je l’ai laissé sur un banc !

Somanké, un passant

S’en fera un présent...

Somanké, en revenant,

Je m’en ferais un amant...

            ;-)))

 

Toutes les notes