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12.05.2008

le petit lutin.

Sa flûte s’envole par dessus la falaise,

Irise d’or fin les graciles ravenales.

Se ploie à l’autel du fier tamarin,

Entrouvre les frondaisons d’aubépines,

Fraîchies aux effluves de la source opaline.

 

A sa chanson pure et douce,

Le jardin frémit, pianissimo, allegretto.

Et bourdonne son vert berceau,

Et résonne son âme d’ambre,

Et s’écoule son huile de jasmin.

 

Plus loin il avait vu,

Dans le désert, des gnomes,

Etêter, massacrer

Ce jardin qui les fit hommes.

 

Alors, il s’agenouille le petit lutin.

Dans la grande plaine, prend à témoins

Les étoiles et tous les séraphins,

Que jamais il ne laissera mutiler

La beauté de son sauvage jardin.

Bienséance.

Sagaie aux dents busquées,

Ornée d’honorables colifichets,

Danse la mort au creux de ma chair,

Crible d’acide et ma peau et mon air.

Voix rouillée, barbiturée,

Crève dans les fioles ébréchées

De la folie assumée.

Paroles tues,

Pire que ciguë.

J’ai mis mon tchador de bienséance,

Celant à vos yeux mes plaies béantes.

L’homme n’a jamais pardonné

La côte qui lui a été volée.

 

écho 15.

Hyménée brûlé de confidences,

Gyrostat aux griffes en transe,

Larmes sèches, sans sève.

 
Cri nu.

 
Aux crues des scènes du monde,

En toutes connaissances,

Perdre son innocence.

 
Néant blanc.

 
L’herbe murmure de verte rosée,

Papillon lèche les plaies

De l’enfant-île au corps offert.

 
Regard d’eau claire.

 

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